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Cyril Rayer est consultant en ressources humaines pour la société
Towers Perrin. Il est aussi, d'abord photographe. A l'heure de la
globalisation, à l'heure où méthodes et conditions
de production s'uniformisent un peu partout sur le globe selon des
règles de marché communes, mais dans des conditions
d’exploitation et de vie différentes, ce photographe
s'est tout naturellement tourné vers le monde du travail.
Il a parcouru l'Europe de l'Est, Moyen-Orient, l'Asie, et l'Extrême-Orient,
entreprenant ainsi durant un an, une sorte de voyage initiatique.
Son regard est celui du moment, celui du témoin, de cet
étranger pénétrant pour un instant dans l'intimité,
dans l'immédiateté de l'autre: cette seconde de vie,
ce moment de respiration que le regard du photographe incarne, réincarne,
recrée et renvoi au spectateur dans cette seconde cristallisée;
Cette seconde où l'autre est saisi dans une vérité
inconsciente, cette seconde ou le photographe devient ce témoin
privilégier. Celui qui regarde les vivants : ceux qui dans
l'acte du travail, dans le rêve, dans la fatigue ou l'ennui,
dans la joie ou dans la détresse, s'évanouissent à
leur propre existence dans l’image que le photographe nous
renvoi. Le projet de ce témoin privilégier, de ce
narrateur de l'image consiste à matérialiser cet évanouissement.
Une seconde d'oubli figée dans l’espace improbable
du photographe, devenant réel dans le regard de l’autre.
Une seconde, une infinité de secondes qui nous laissent à
notre tour songer et rêver à ces vies, à ces
pas, visages, rides et sourires qui sont ceux d'inconnus si lointains,
qui soudainement sont rendus par notre propre regard et notre conscience
d'eux, plus proches de nous. Regardons les tomber ces hommes, regardons
les se lever et se relever dans nos yeux, aujourd'hui, à
un instant qui scelle toujours plus fortement l'unité des
autres et de nous même.
Dans le vent, dans la poussière, dans la prière...
Sur les planches, sur leurs montures, ou sur le ring...
Sous les coups, sous la pluie, parfois sous les applaudissements...
Vous n’y travailleriez certainement jamais, mais ces
hommes et ces femmes ne connaissent pas de meilleurs lieux de travail.
Ici et là certains rêvent de devenir célèbres
ou riches, d’autres aident et développent, beaucoup
se limitent à gagner de quoi manger, parfois assez pour se
marier.
Ces hommes et ces femmes travaillent aux bord des mers, dans
la steppe ou au pied des montagnes, ils travaillent dans les mégapoles
modernes, ou les citées déchues.
Je vous propose ici un voyage en Asie, de l’Iran à
Bornéo, sur leurs lieux de travail.
(Cyril Rayer)
© Europa Revue 2007 |